Partout dans les médias, nous entendons parler de harcèlement via les réseaux sociaux. Et s’il est vrai eu ces derniers contribuent largement à la propagation de ce fléau, le harcèlement commence réellement plus souvent silencieusement, insidieusement. Que ce soit par un rejet social ou par l’exclusion d’un groupe, l’ostracisme est une forme de violence invisible, qui active les mêmes zones cérébrales que la douleur physique et peut entraîner des séquelles à court et long terme.
Une phrase soufflée au détour d’un couloir, répétée par d’autres, qui provoquent les rires. Un regard en coin ou un doigt pointé et c’est le début de la fin. Parce qu’il ou elle est un peu trop : trop enrobé(e), trop mal habillé(e), trop bon ou bonne élève, trop mauvais(e) élève, trop investi(e) en classe, trop chouchouté(e) par un prof, trop « bête », trop « intelligent(e) », trop hyperactif(ve)… Tout est bon pour enclencher le processus. Et l’enfant qui est visé apprend à encaisser les coups, les mots, les regards. Parfois, il parle, mais la réponse n’est pas toujours adaptée. « Ça va passer, ça ira mieux l’an prochain, ce sont des trucs de gamins, arrête de te plaindre, tu fais ta victime ».
Le harcèlement, traumatisme infantile
VICTIME. Voilà le mot est dit. L’enfant est victime, mais n’est pas reconnu comme tel. Pas véritablement, pas assez vite. Pas toujours sérieusement. Un enfant qui se plaint que les autres rient de lui n’est pas pris au sérieux. Un enfant qui n’a pas de copains est simplement vu comme « renfermé », alors qu’en réalité, il est mis à l’écart par les autres, directement ou indirectement. Être moqué, c’est s’obliger à s’auto-protéger, en s’écartant parfois volontairement du groupe, en s’éloignant, en s’effaçant, en arrêtant de manger à la cantine, en arrêtant de parler et tout simplement de raconter. La souffrance devient alors silencieuse et destructrice. Un cercle vicieux s’installe. Ne plus se plaindre pour avoir l’impression d’être épargnée. Se taire et s’enfermer dans la douleur, s’automutiler pour arrêter de souffrir, perdre l’estime de soi, développer des comportements alimentaires, envisager le suicide et parfois, même, aller trop loin et ne plus revenir….
« Un élève est victime de harcèlement lorsqu’il subit, de façon répétitive, des actes négatifs de la part d’un ou plusieurs élèves.
Un comportement négatif peut se produire lorsqu’un élève, ou un groupe d’élèves, inflige un malaise à un autre élève, que ce soit de manière physique (frapper, pousser, frapper du pied, pincer, retenir autrui) ou verbale (menaces, railleries, taquineries et sobriquets).
Les actions négatives peuvent également être manifestées sans parole ni contact physique (grimaces, gestes obscènes, ostracisme ou refus d’accéder aux souhaits d’autrui). »
Source https://www.education.gouv.fr/non-au-harcelement/qu-est-ce-que-le-harcelement-325361
Arrêtons de minimiser l’impact du harcèlement !
Non, le harcèlement ne fait pas partie de l’apprentissage de la vie. Non, les enfants ne passent pas tous par cette étape. Et non, les enfants ne s’en remettent pas avec le temps ! Le harcèlement peut engendrer un véritable traumatisme et avoir un impact sur le développement du cerveau, notamment en matière de réponse au stress et de régulation émotionnelle.
Saviez-vous que ?
Le harcèlement subi pendant l’enfance peut laisser de profondes séquelles à l’âge adulte ? Les études montrent que des troubles comme la dépression, l’anxiété chronique, les attaques de panique, le stress post-traumatique, les idées suicidaires, l’automutilation, la perte d’estime de soi, les difficultés relationnelles, l’isolement professionnel, l’hypervigilance en situation sociale, les troubles du comportement (alcool, drogues, troubles alimentaires, problèmes d’image corporelle) ou encore la violence peuvent perdurer toute une vie ?

