En interprétant son slam, « Écoutez-moi », Angèle voulait que nous comprenions l’angoisse qu’elle avait vécu durant des années lorsqu’elle était « moquée », mais également faire comprendre à tous ce que ce type de comportement peut entraîner sur le long terme. Elle a voulu faire entendre sa voix. À nous, à vous, maintenant, de faire en sorte qu’elle ne se perde pas dans une statistique quelconque et ne devienne pas « qu’une parmi tant d’autres ».
Des mots pour des maux
Lorsqu’a germé l’idée de ce site, j’ai hésité quelques minutes avant de choisir “Les Mots”. Finalement, c’était comme une évidence. Celle de faire survivre la parole de ma fille, de faire entendre sa voix, même si elle n’est plus là. Avec le recul, je me suis même dit que j’aurais dû l’embarquer dans cette aventure. Que, peut-être, si je l’avais fait, elle serait encore là. Angèle aurait été une fabuleuse représentante. Elle se serait donné à fond et n’aurait pas eu peur de prendre la parole pour défendre ceux et celles qui connaissent la douleur du harcèlement. Elle aurait posé ses propres mots, pour décrire les maux. Aujourd’hui, au travers de cet espace, je vous les partage, pour continuer à la faire vivre, encore un peu.
Prévenir pour empêcher d’autres enfants de se prendre la vie…
Au fil des années, l’état d’Angèle s’est dégradé. Ce sont ses mots, pas les mieux. “Quatre ans que je suis dans le noir” a-t-elle chanté dans son slam, à la fin de la troisième.
